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Le Chant du Cygne
notes de travail
Dans la fugue gestuelle de tout échappement des émotions,
parmi le constant gémissement du hurlement de mes entrailles, à
toute soif, avec la furie irrépressible du trait de la plus
simple intention à la volupté totale de mon extase, je veux
aujourd'hui émettre la chance minime de m'expliquer la fragilité
de l'existence dans un chant vorace, macabre et universel.
Pour le dépérissement de la chair, du sang, de l'âme et des
pensées des hommes et des bêtes, pour tout ce qui bouge, pour
tout solide et tout liquide, je crie un chant lumineux qui
pourrait légitimer la peur.
Il est fait pour l'amour, pour la négation, pour les besoins,
pour Celui qui est le plus élevé.
Pour la fragilité de l'être, pour Lui qui nous a créé et au
nom duquel on aime, on tue, on détruit, pour Lui témoin passif
de notre destin ?
J'ai vomi cette ode comme une catharsis infinie pour ensorceler
toute tentative de Néant avec tout le gaz qui me reste.
Mannheim, 1996
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